Bégard – Les « Amicaliens » ont fêté les 70 ans de leur association (photos)

Date de l'évènement: 
Vendredi, 17 Novembre, 2017

Vendredi 17 novembre (2017), l'Amicale Laïque a fêté ses 70 ans ! Une vieille dame donc qui a encore et sans doute de longues années devant elle, du moins tant qu'il y aura des écoles publiques sur la commune et des gens pour s'investir. Pour cet évènement suivi par une centaine ...

... de personnes concernées, impliquées et invitées, la vie de l'association était étalée dans la salle des fêtes, en panneaux chronologiques de photographies - la plus ancienne datant de 1963 –complétés de la projection d'un diaporama. Il y a eu des concerts et un cocktail dînatoire, mais avant, ce fut le temps des discours. Les discours des quatre plus récents présidents, le premier d'entre eux ayant officié à la tête de l'Amicale Laïque durant près de 20 ans. Il s'agit de Noël Bernard, qui invoque le "privilège de l'âge" en prenant la parole en premier :

"Je suis, ce soir, le plus ancien des présidents de cette association qui a toujours eu pour vocation de défendre et de promouvoir la laïcité et de favoriser le rayonnement de l'école publique. Nous avons toujours considéré que cette école, non confessionnelle, était celle de l'ouverture d'esprit, de la tolérance, de la liberté de penser, de la générosité et de la fraternité. Qu'elle était aussi celle de la connaissance, sachant si bien lier enseignement et éducation, en donnant à chacun des enfants de la république, les meilleurs moyens d'affronter la vie réelle avec une égalité de chance pour tous". Créée le 30 janvier 1947, selon Noël Bernard, l'Amicale Laïque avait pour but de pratiquer l'éducation physique – cross, basket-ball, scoutisme (éclaireurs de France) … Elle était alors présidée par François Clec'h, le maire de Bégard et ce jusqu'au 30 mai 1965 où Jean Henri, instituteur en retraite, ancien directeur de l'école de Trézélan, lui succède. "Le 12 mars 1969, l'Amicale Laïque obtient l'agrément du ministère de la jeunesse et des sports" poursuit Noël Bernard qui rappelle les activités qui ont été menées tour à tour : les fêtes de Noël, - "très attendues chaque année jusqu'en 1962" - la kermesse, le voyage printanier – "très prisé par les amicalistes" - la bibliothèque de prêt,  l'atelier de reliure, la fanfare - "de 63 à 74, dirigée par Eugène Briand" - la section danse en 1965, le handball en 1966-1967, la section tennis, "sous l'impulsion d'Eugène Briand et le TGA grâce à Pierrot Martin".

"L'Amicale a été de tous les combats pour la défense de l'école publique, pour l'amélioration des condition de travail des enseignants, conclut l'ancien président ; Elle l'a fait, à chaque fois, avec les corps concernés - syndicats ou associations de parents d'élèves - dans un contexte communal favorable ; Il y a eu une véritable osmose entre l'Amicale laïque et les municipalités successives qui se sont efforcées de mettre à disposition des enseignants, des enfants et du personnel communal concernés, les meilleures conditions de travail possibles. C'était vrai il y a 70 ans… C'est encore vrai aujourd'hui".

La relève sera prise par Jean-Yves Jaguin, de 1991 à 2008. "Un immense travail a été accompli par nos ainés et leur idéal laïque, déclare ce dernier. Successivement dans le bureau de l'association des parents d'élèves à l'école maternelle puis dans celui de l'école primaire, il est bénévole à la kermesse ; En 1991, il rentre dans celui de l'amicale des écoles. "Lors de l'AG de mai 91, je me présente en tant que président de l'Amicale Laïque, face au maire de Bégard : Noël Bernard. Je remporte haut la main les élections", se souvient-il, amusé. Pour lui, ce qui fut important a été de "permettre à tous les enfants de faire du sport. Le sport leur apprend le courage, le respect et l'humilité et à vaincre leur timidité. Il prépare à entrer dans la vie adulte".

Après 18 ans de présidence, il cherche un successeur… "En 2008, un après-midi pas très chaud, au pied du pigeonnier de Bégard, ensemble sur une liste d'union portée par Gérard Le Caër, Jean-Yves Jaguin, président de l'Amicale Laïque depuis presque dix-huit ans est venu me voir pour me convaincre de reprendre le flambeau. Il m'avait repérée, m'a-t-il dit, parce que j'avais tenu le rôle de coordinatrice des actions dans la défense des écoles publiques de Bégard, et il était tellement heureux de pouvoir passer le flambeau que je n'ai pas pu le lui refuser" raconte Cinderella Bernard qui fut donc le troisième président la troisième présidente à prendre la parole en ce jour d'anniversaire. Moins rétrospectif que celui de Noël Bernard, moins anecdotique que celui de Jean- Yves Jaguin, son discours fut bien plus politique : "Certains esprits critiques disent que l'Amicale Laïque est un tremplin politique ! Selon moi, ce n'est pas un illogisme que de retrouver des bénévoles de l'Amicale Laïque sur une liste électorale de gauche car n'est-ce pas les mêmes valeurs de solidarité, de fraternité et de justice sociale que nous partageons ?" puis de préciser : "Pour ce qui me concerne, l'aventure de l'Amicale Laïque a commencé après que j'ai été élue conseillère municipale" et de poursuivre : "Mes premières luttes ont commencé en 2006 pour obtenir l'ouverture d'une classe bilingue… puis en 2007 pour ouvrir une classe monolingue en maternelle et construire ensemble l'école de demain, celle qui offre un choix d'enseignement multiple en proximité des familles" et de parler de l'école laïque, de l'éducation telle qu'elle évolue dans notre société, avec une pointe d'amertume : "A la rentrée 2008, nous obtenions un demi-poste en classe de CP, pour soulager l'enseignante qui avait 30 élèves. Trente élèves ! Et cela nous semblait injuste ; Nous étions prêts à soulever des montagnes pour faire valoir le droit de l'égalité des chances pour tous ; Cela fait presque 10 ans et nombreuses sont les classes de nos écoles qui comptent 30 élèves depuis. Que s'est-il passé ? Peut-être nous sommes-nous laissé bercer par cette douce musique libérale qui dit qu'aujourd'hui, les choses doivent être ainsi". En la matière, elle lance une alerte : "L'école doit être le lieu où les différences sociales s'effacent, où l'enfant peut grandir librement et peut construire sans se soucier du regard des autres. Cet idéal républicain, c'est ce que nous défendons lorsque nous militons contre la fermeture d'une classe ou pour la création d'un poste. Alors ne faiblissons pas devant le rouleau compresseur du capitalisme, car quoiqu'on en dise, l'école joue un rôle essentiel dans le développement de l'enfant et constitue la matrice de notre société.  Nous défendons l'intérêt commun pour défendre l'intérêt de chaque individu dans ce qu'il est. Aujourd'hui, l'injustice pèse sur le monde rural, les inégalités se creusent et l'école, service public de l'éducation et de l'enseignement, n'est pas épargnée. Un enfant, qu'il grandisse en milieu rural, en zone sensible ou en milieu urbain, doit bénéficier des mêmes chances de réussite ; Il doit trouver à l'école la ressource nécessaire pour bien grandir et devenir un adolescent puis un adulte responsable", et de citer Mandela en conclusion.

L'actuel président depuis novembre 2015, Matthieu Salvat, prend ensuite la parole en expliquant comment les choses se sont faites : "Finistérien, j'ai trouvé en 2005 un boulot sur Lannion et ma femme, Maude, actuelle trésorière de l'Amicale, a pris un poste de directrice d'école sur Guingamp". Après avoir eu "un coup de cœur pour une ancienne charcuterie", une fois passé le temps des travaux, lui et son épouse désirent s'intégrer dans la vie de la commune. "Le choix de l'association s'est fait rapidement, explique-t-il ; Mes parents ont toujours été de fervents défenseurs de l'école laïque, publique. Ils ont eu des fonctions de Délégués Départementaux de l'Education Nationale, mon père a été président de l'Amicale Laïque de Plouzané, l'une des plus grosses avec 1.400 adhérents, et ma mère continue à s'investir pour les valeurs de l'école laïque ; Elle fait de la lecture aux enfants dans le cadre de l'association « lire et faire lire »". Après différentes fonctions occupées au sein de l'association - membre, trésorier adjoint, trésorier, vice-président, il saisit le témoin tenu par Cinderella Bernard qui se retire de cette fonction – elle est toujours au bureau - et devient le président. Il remercie tous les membres de l'Amicale, mais aussi tous les acteurs qui gravitent autour, les commerçants, les bénévoles, les services de la ville et les services administratifs et le maire, qui clôture cette séance de discours.

"J'ai fait mon premier défilé en ville en 1967, se souvient Gérard Le Caër avec nostalgie en parcourant des yeux les panneaux pleins de photos : "Je n'ai même pas reconnu ma femme sur une photo… Pourtant, on était au collège ensemble". Arrivé en 1981 à Trézélan, en 1982, il reçoit de la part de l'un de ses anciens professeurs, Jean-Paul Le Mener, une incitation à rejoindre les rangs de l'Amicale Laïque et en devient le secrétaire, "sous la houlette de Noël, puis Arlette (NDLR : Arlette Offret) nous rejoint et on va passer une bonne décennie au service des enfants, des élèves, pour que triomphe l'égalité devant la réussite". En 1983, il devient adjoint du maire Noël Bernard en charge des associations et il cite quelques marqueurs qui ont depuis tracé la vie éducative communale : des écoles, un hall de sport, un terrain de foot, une piste d'athlétisme, un restaurant scolaire, "toute une belle période, une belle réussite, avec près de 1.000 élèves dans le public, de la maternelle au collège et je pense que les travaux que nous avons consentis, il y a bientôt trente ans, ont été porteurs". Sans compter le nouveau collège dont il a obtenu la reconstruction alors qu'il était Conseiller Départemental.

"Sachez que tant que nous serons là, conclut-il à l'intention des membres de l'Amicale Laïque, de son actuel président, vous pourrez compter sur notre engagement stratégique, logistique, financier, pour faire en sorte que les valeurs de l'Amicale Laïque soient respectées et hissées au niveau de l'art".

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Quelques photos pour se souvenir ICI ...

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