GP3A/Pays de Bégard – Commémoration de Kergoula - Quand les morts instruisent les vivants

Date de l'évènement: 
Dimanche, 6 Août, 2017

Dimanche 6 août (2017), comme chaque année, depuis 73 ans maintenant, une assemblée de citoyens, d'élus du Pays de Bégard, maires de Squiffiec, de Kermoroc'h, de Landébaëron, de Saint-Laurent, de Pédernec, de la major Carole Guégan pour la gendarmerie et de plus de 20 porte-drapeaux, ont rendu hommage, sous la conduite ...

... de Pierre Martin, Président du comité local de l'ANACR et co-président national de cette même association patriotique, aux 6 martyres victimes de la folie meurtrière des soldats allemands. Nous sommes au lieu-dit de Kergoula, entre Saint-Laurent et Kermoroc'h. Cela s'est passé le 6 août 1944. Ce jour-là, Yves Cazoulat, Roger Dubernard, André Raoult, Jean Bivic, André Hamon et son frère Roger, arrêtés par la gestapo à Plouha, furent transportés ici, attachés aux ailes de camions allemands, puis torturés et exécutés, après qu'ils durent creuser leurs propres tombes (NDLR : Source : l'ouvrage "1939-1945 L'occupation Bégard" de Pierre Martin – pages 183 à 193).

Pour leur rendre hommage, au début, rappelle Pierre Martin, quelques personnes venaient déposer une gerbe en catimini ;  "Puis le Comité de Bégard a suggéré de mettre en place une cérémonie digne de son nom et depuis 25 ans, nous nous retrouvons devant cette stèle où figurent les noms des 6 martyres lâchement assassinés par des soldats allemands de la Wehrmacht" et pas seulement par des nazis comme le suggère actuellement le monument, conteste Pierre Martin : "A l'origine, ce n'est pas le terme "nazis" qui figurait sur le monument, mais le mot "allemand"… Quelqu'un s'est permis, sans nous consulter, d'effectuer ce changement… et si on entend très souvent dire que tous les soldats n'étaient pas nazis, c'est quand même sous la nationalité allemande qu'ils perpétraient ces atrocités".

Pour Annie Le Gall, la maire de Saint-Laurent, "c'est pour ne pas oublier que nous sommes tous là, pour honorer la mémoire de tous les déportés, internés, résistants et patriotes ; C'est un devoir envers le passé, une nécessité du présent, une exigence de l'avenir". Après un hommage à Simone Veil, elle poursuit : "Des millions d'êtres humains, des millions de personnes de chair et d'os, de cœur et d'esprit, comme nous, ont péri sous le poids de la folie nazie, broyés par cette infernale machine d'extermination, froide, mécanique, implacable. Souvenons-nous… Condamner ne suffit pas ! Il faut aussi lutter et résister. Les premiers responsables sont les donneurs d'ordres, les bourreaux ; Mais n'étaient-ils pas aussi responsables ceux qui acceptaient ces ordres, ceux qui, tenus par une obéissance aveugle, n'ont pas pu, pas su, pas voulu, refuser ces ordres". En s'adressant plus particulièrement aux jeunes générations qui s'interrogent parfois sur la nécessité de se souvenir, de témoigner, elle déclare : "Il est primordial de leur rappeler que ce qui semble si lointain est pourtant si près. Notre objectif doit être tourné vers l'action, sans cesse renouvelée, pour que nous puissions vivre ensemble et pour que la différence de l'autre soit une richesse et non un motif de conflit. Choisissons le partage, l'écoute et le respect des hommes, plutôt que l'ignorance et le mépris qui conduisent toujours à la haine, à l'horreur. Chaque être humain est riche de sa culture, de ses différences. Il vaut mieux être démocrate que totalitaire, libre qu'asservi, tolérant que sectaire, fort en amour et faible dans la haine" puis de conclure en citant Chateaubriand : "Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; Les morts, au contraire, instruisent les vivants" (NDLR : Mémoires d'outre-tombe (1848) de François René, vicomte de Chateaubriand).

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