Bégard – Fondation Bon Sauveur – Le CSEA de Guingamp-Pabu inauguré

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Date de l'évènement: 
Mercredi, 28 Novembre, 2018

Mercredi 28 novembre (2018) était un jour important pour nombre de collaborateurs de la Fondation Bon Sauveur, et plus particulièrement pour ceux du Pôle Infanto-juvénile. En effet, ce jour-là, c'était l'inauguration du nouveau CSEA(1) de Guingamp – sis Park Marvailh, 13 Chemin des Capucins, proche du Centre Hospitalier de Pabu donc - abritant, ...

... sur 2.000m2 répartis en trois niveaux, trois dispositifs hospitaliers qui ne cohabitaient pas auparavant, du moins physiquement : un Centre Médico-Psychologique pour Enfants et Adolescents (CMPEA), un Hôpital de Jour et un Centre d'Activité Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP).

Hormis le Président du Conseil d'administration de la Fondation - Roland Ollivier - et la médecin cheffe du pôle Infanto-juvénile qui a conduit la visite - le Dr Hélène Daurat – étaient aussi présents Claire Compagnon, déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neurodéveloppement, la sous-préfète Dominique Laurent, le député Yannick Kerlogot, Annick Vivier, la directrice de la délégation départementale des Côtes d'Armor, Annie Le Houérou en qualité de présidente du Conseil de surveillance de l'hôpital de Guingamp, les maires de Guingamp et de Pabu, respectivement Philippe Le Goff et Pierre Salliou et bien entendu Pascal Conan, le directeur de la Fondation Bon Sauveur et plusieurs de ses collaborateurs.

Il y eut plusieurs temps en cet après-midi : le temps des visites des locaux, tout neufs et colorés de tons reposants, avec une signalétique à hauteur du regard des enfants, le temps de la conférence de presse pendant laquelle la déléguée interministérielle a exposé les dispositions prises par le gouvernement dans les matières de sa délégation et le budget mis en regard – "344M€ de moyens nouveaux, soit plus de 60% de financement supplémentaire par rapport au dernier plan autisme" - le temps des symboles – coupure du ruban et révélation d'une plaque inaugurale - le temps des discours et le temps de la convivialité avec un cocktail élaboré par la cuisine de l'hôpital.

Roland Ollivier : un investissement de 3,8M€

Passé le temps des symboles, c'est le président de la Fondation qui ouvre le temps des discours. Après un mot d'accueil adressé aux personnalités et aux instances présentes et tout particulièrement à Claire Compagnon – "Votre présence, pour les enfants, les familles et les professionnels est une marque de reconnaissance sur leur situation"- il a précisé le contexte dans lequel s'inscrivent les actions de la fondation – "La population desservie par le territoire de la Fondation est estimée à 240.000 habitants, dont 40.000 sont des enfants et adolescents. Chaque année, près de 12.000 patients dont environ 2.500 enfants et adolescents, et plus de 300 personnes en situation de handicap et ou en situation précaire sont prises en soins et accompagnées par la Fondation Bon Sauveur" – et résumé en quelques mots l'objet de cette inauguration : "Ces locaux que nous inaugurons regroupent un centre médico-psychologique pour enfants et adolescents, un centre d’accueil thérapeutique à temps partiel et un hôpital de jour enfants de 7 places, enfin regroupés dans ce lieu. Ils étaient auparavant sur deux sites différents dans l’agglomération de Guingamp". Il indique qu'à Lannion, un même dispositif existe – c'est le centre Dolto – de même qu'à Paimpol.

A Guingamp-Pabu, ce nouveau centre a nécessité un investissement de 3,8M€, "accompagné par l’ARS à hauteur de 200.000 €, le solde étant autofinancé". Il est implanté sur 4.000m2 de terrain et le bâtiment de 2.000m2 propose sur trois niveaux, bureaux, salles d’activité, espaces d’accueil, salles de restauration, salles de repos... et laisse à l'extérieur de la place pour deux cours.

Pour conclure, Roland Ollivier rappelle que cette réalisation a bénéficié "de l'attention et du soutien de divers partenaires dans une logique de coopération territoriale", parmi lesquels il cite la mairie de Pabu qui a financé les travaux de voirie, le Centre Hospitalier de Guingamp et les différents Clubs Lions qui, via leur association, ont financé divers projets dans le département, dont l'espace Snoezelen [NDLR : En savoir plus ICI] qui va ouvrir prochainement en ce lieu. Le don a été de 15.000€.

Dr Hélène Daurat : Les neurosciences offrent de nouvelles perspectives

Le Dr Hélène Daurat qui a pris "la chefferie du pôle" en 2004, intervient ensuite et fait une rapide rétrospective qui part des années 80 avec l'essor de l'ambulatoire pour les enfants et adolescents, projet porté par Le Dr Bernard Bouju, puis par le Dr Jacques Bernard qui a pris le relais en 1998. "Les réponses ont été aménagées, au plus près des lieux de résidence des enfants et adolescents, à Lannion, Guingamp et Paimpol, pour faciliter et déstigmatiser le recours aux soins spécialisés en pédopsychiatrie", déclare-t-elle. En 2003, c'est la fermeture des derniers lits d’hospitalisation complète pour enfants et adolescents, en 2008, l'ouverture du centre Dolto à Lannion, en 2013, celui d’un hôpital de jour pour enfants à Paimpol "et plus récemment l’installation des dispositifs de Paimpol dans des locaux nouvellement aménagés".

Le Dr Daurat indique que le projet de pôle 2017-2021 fait valoir une ouverture aux approches actuelles, qu'elles soient psychanalytiques, développementales, éducatives, neurologiques, Béhavioristes/cognitives, systémiques/interactionnelles… "sans exclusion de l’une par l’autre, mais dans la certitude de la complémentarité et de la transdisciplinarité". Pour elle, les neurosciences apportent de nouvelles perspectives – "C’est dans ce sens que nous avons concrétisé l’embauche de 2 neuropsychologues et d’une ergothérapeute sur le Pôle" – et elle rappelle qu'en 2018, plus de 50% des professionnels ont suivi des formations en lien avec cette thématique, "notamment dans le cadre d’accompagnement précoce des enfants avec TSA(2), de la  mise en place de stratégies éducatives auprès des enfants avec TSA et de l’utilisation d’outils de communication tels que les tablettes et les applications numériques".

Pour clore son intervention, Hélène Daurat tient à remercier toutes les personnes impliquées par ce projet – "les  associations qui se mobilisent régulièrement pour nous apporter des fonds pour l’achat d’équipements, de matériels éducatifs qui contribuent largement à l’amélioration de la qualité d’accueil des enfants et des adolescents" – et tout particulièrement la Fondation de France (40.000€ de dons), les Lions Clubs Féminins et masculins (25.000€) et la Fondation Orange, "pour un don ayant permis l’achat de tablettes et d’applications numériques, projet porté par les associations de familles et par cinq partenaires institutionnels".

Claire Compagnon : Changer durablement la situation...

La déléguée interministérielle intervient ensuite et rappelle la "réalité complexe que sont la question de l'autisme et des troubles du neurodéveloppement qui concernent beaucoup de nos enfants mais aussi des adultes". Elle reconnait l'importance de l'investissement fait par la Fondation dans le domaine de l'autisme, à la fois pour les enfants et les adolescents, mais aussi pour les personnes adultes. "Nous avons besoin de cette mobilisation importante et nécessaire des acteurs associatifs, des professionnels, des collectivités territoriales, pour parvenir à changer profondément et durablement la situation que connait la France en matière d'autisme et de troubles du neurodéveloppement" et de féliciter la Fondation : "Votre dispositif est magnifique ; Il fait écho au cap fixé par le 1er ministre dans l'annonce de la stratégie nationale de l'autisme : changer la donne pour les personnes autistes dans notre société et se donner les moyens de réussir cette société inclusive". Elle reconnait et regrette que la France soit encore loin du compte en matière de prise en charge des personnes autistes : "Trop de personnes trop d'enfants, trop d'adultes sont diagnostiqués trop tardivement... Trop de personnes sont sans solution d'accompagnement, isolées dans leur fragilité. Cette situation est inacceptable et nous devons agir avec efficacité". L'objectif fixé dans ce plan est de reconnaitre la pleine citoyenneté des personnes autistes, leur droit à l'autonomie, au respect et à l'estime de soi. Il s'agit donc, explique Claire Compagnon, "d'accompagner en proximité les personnes, en assurant la continuité des parcours de vie et de soins, en favorisant la souplesse dans les réponses à leurs attentes et à leurs besoins et en renforçant l'offre" et d'assurer : "Vous y concourrez avec l'ensemble des dispositifs que vous mettez en place au sein de votre Fondation".

Cette société inclusive qu'évoque la Déléguée Interministérielle, c'est une société qui passe par l'école, les apprentissages, l'accès au logement et à l'emploi ; Et pour mettre en œuvre cette société inclusive, selon elle, il faut que les structures existantes évoluent et que de nouveaux projets voient le jour. "Je souhaite que des projets comme le vôtre se développent ailleurs sur le territoire national car ce projet répond parfaitement à notre ambition de transformation et cela a plusieurs titres : il permet de sécuriser les parcours d'enfants et de familles en grande difficulté, il prévoit des modalités d'accompagnement avec des réponses innovantes dans le respect des bonnes pratiques professionnelles, il permet de sortir des cloisonnements habituels, par la diversité et la complémentarité des services que vous proposez" . Elle conclut en affirmant son soutien à la Fondation et en déclarant : "Cette agilité dont vous avez fait preuve collectivement – associations, collectivités territoriales, ARS, personnels - je voudrais que d'autres territoires la prennent en exemple".

Yannick Kerlogot salut l'ensemble des missions de la Fondation

Le député Yannick Kerlogot livre pour sa part, une vision plus personnelle : "Je voudrais partager une vision qui nous rappelle ce que la Fondation Bon Sauveur nous apporte depuis des décennies pour ne pas dire des siècles. Elle porte un projet global et partagé dans le champ de la santé mentale, de l'accompagnement médico-social et social". Pour lui, cette inauguration est une opportunité pour saluer l'ensemble des missions que remplit une Fondation "ô combien connue et reconnue dans notre territoire" : "Par le soin et l'accompagnement, faut-il rappeler que le Bon Sauveur remplit, via un mode de gestion privée, une mission reconnue d'utilité publique pour l'intérêt collectif tant dans le domaine de la psychiatrie pour adulte que dans la géronto-psychiatrie, l'addictologie, l'hospitalisation et la psychiatrie infanto-juvénile". Il rappelle la création de la Fondation, en 1857, par la congrégation des filles du Bon Sauveur de Caen et se souvient avoir lu dans le projet d'entreprise 2017-2012 que l'idée reste bien "de toujours vivre, faire vivre et partager les valeurs de cette congrégation en sachant leur apporter modernité, respect, bienveillance, tolérance, professionnalisme, écoute et engagement". Pour lui, ces valeurs sont autant d'éléments fédérateurs qui déterminent la position de la Fondation dans le concert des acteurs de la santé mentale et de l'accompagnement sanitaire social et médicosocial. Il rappelle par ailleurs que dans le champ de l'autisme, les équipes de psychiatrie infanto-juvéniles de Bon Sauveur ont été récemment labellisées par l'ARS pour être reconnues dans l'expertise du diagnostic de niveau 2 ; "La Fondation se met donc en conformité avec le plan national de l'autisme et met en œuvre les bonnes pratiques recommandées par la haute autorité de santé" déclare le député avant de conclure en révèlant que selon lui « Park Marvailh » se traduit par : parc ou champ des merveilles, "un joli nom qui est de bon augure car regrouper sur un seul site des activités du pôle infanto-juvénile de Guingamp, c'est réunir des compétences, mutualiser des moyens humains et matériels qui ne peuvent que faciliter le parcours de soin des enfants et des adolescents concernés".

Dominique Laurent : Vous allez faire encore des merveilles

Nouvellement nommée en qualité de sous-préfète de Guingamp – cela fait à peine trois mois – Dominique Laurent dit avoir eu néanmoins "la chance de visiter l'établissement de Bégard, d'inaugurer les sites de Paimpol, tant pour les enfants que pour les adultes". C'est aujourd'hui au tour du centre de Guingamp, que la sous-préfète qualifie de "belles installations qui permettent des synergies entre les différents personnels mais aussi avec l'hôpital de Guingamp tout proche, sans parler des éléments de confort pour la vie quotidienne, comme l'accès à la restauration de l'hôpital, ce qui facilite la vie de tous les personnels présents ici".

Pour la sous-préfète, un secteur médical, un secteur médico-social de qualité, font vraiment partie de l'attractivité d'un territoire : "Une république sociale ne laisse pas les plus faibles au bord du chemin et l'inclusion est vraiment au cœur des politique publiques actuellement menées". Elle pense que les nouvelles apportées par la Déléguée Interministérielle donneront encore un souffle supplémentaire à tous les porteurs de projets présents ce jour, "et je ne doute pas que vous allez faire encore des merveilles puisque le lieu nous y invite".

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Notes : (1) CSEA :Centre de Soins pour Enfants et Adolescents – (2) TSA : Troubles du Spectre de l'Autisme

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