Bégard – Skol Bro Vear – La filière bilingue en breton se porte bien

Date de l'évènement: 
Samedi, 21 Avril, 2018

Samedi 21 avril (2018), les portes sur le bilinguisme français-breton étaient ouvertes à l'école maternelle de Baloré. C'est en 2007 que fut créé le premier enseignement en breton à Baloré et cela fait donc depuis plus de dix ans que l'association Skol Bro Vear, présidée aujourd'hui par Aurélie Le Jeune, soutient la filière bilingue en breton. "Année après année, ...

...elle est en progression constante" indique Ronan Lescop, l'un des enseignants bilingues de l'école maternelle. "L'équipe est bien en place, poursuit-il ; En maternelle, nous avons une quarantaine d'élèves, pour une soixantaine en élémentaire". Cela représente en tout cinq classes bilingues - trois en élémentaire et deux en maternelle - pour un effectif moyen de 20 élèves par classe. Et la filière ne s'arrête pas là ! Désormais et depuis la rentrée 2013-2014 du collège François Clec'h [NDLR : Voir En 2013, le breton fera aussi sa rentrée en 6ème], elle s'est propagée et a atteint la classe de troisième depuis plus d'un an, comme par capillarité. Sans doute, une affaire de climat humide favorable à ce phénomène d'interaction ?! Plus sérieusement, si la question s'est posée un moment – pour le premier passage des CM2 bilingues en 6ème, les instances de l'Education Nationale préconisaient d'envoyer les élèves vers Guingamp [NDLR : Filière breton en 6ème : c'est bien parti ! ] - le maillage établi entre les écoles bilingues de Cavan, de Louargat et de Bégard a donné tout son sens à la propagation de la filière au sein du collège de Bégard.

Au-delà des vertus de l'apprentissage précoce d'une autre langue – flexibilité cognitive, meilleure mémoire, stimulation intellectuelle, meilleure maîtrise de la langue maternelle, effets positifs sur des matières telles que les mathématiques, ouvertures vers d'autres cultures... selon Jean Petit [NDLR : Plus d'informations ICI] - l'apprentissage d'une langue régionale a ceci de particulier : elle est applicable au quotidien, si tant est que l'environnement d'apprentissage soit sensibilisé à la préservation de ce particularisme linguistique. Ainsi, avec des grands-parents, des parents, un cercle familial et amical pratiquant la langue, avec une signalétique bilingue, des évènements culturels et sportifs locaux inscrits dans l'histoire du territoire, qu'il s'agisse de fest-noz, de veillées, de gouren... il est plus facile d'expérimenter son breton à Bégard que cela l'est de l'anglais, ou de l'allemand ou de l'espagnol, surtout pour de jeunes enfants qui ne sont pas encore penchés aux fenêtres numériques ouvertes sur le monde et les autres cultures. Il semblerait que loin d'être un enracinement, le bilinguisme précoce en langue régionale soit plutôt une ouverture.

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